La “résilience productive” des territoires, vue par Adélaïde Albouy-Kissi

Avec son Atlas de la Résilience Productive et son approche des tiers-lieux, la chercheuse en numérique basée au Puy relie industrie, numérique et collaboratif au service des territoires.


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Mon ressenti

J’ai le plaisir de connaître depuis plusieurs années Adélaïde, avec qui j’avais réalisé un entretien pour le Connecteur quand elle était en charge du FabLab du Pensio au Puy. Aujourd’hui, Adélaïde poursuit sur sa lancée, toujours curieuse et proactive pour tisser des liens inattendus. Cette capacité à relier est un des fondements de la résilience : plus nous aurons un écosystème de proximité dense en nombre mais aussi en qualité relationnelle, plus nous serons aptes à “rebondir” après un choc.

L’approche originale d’Adélaïde et des personnes qui travaillent avec elle – notamment Arnault Pachot d’Open Studio, versé dans le “numérique responsable”, est de s’adresser à l’industrie territoriale. A priori, on pourrait la voir plutôt éloignée des sujets de transition écologique ; il faut pourtant bien se poser la question du rôle des entreprises en général, et de celles-ci en particulier, dans un territoire de demain adapté à l’urgence environnementale.

L’angle “tiers-lieux” (collaboratif, sensibilisation, inclusion …) prôné par Adélaïde me semble ainsi être le bon : relier des acteurs traditionnels entre eux et dans une chaîne de valeur à la fois par des outils numériques de connaissance mais aussi par des tiers-lieux maillant le territoire et favorisant, à chaque échange, la transition vers une économie plus responsable et résiliente, soucieuse de sa circularité, de son impact.

Damien

Les principaux points à retenir

  1. Adélaïde, par son travail de chercheuse à l’Université Clermont-Auvergne, s’intéresse à la fois à la production industrielle territoriale et au numérique. Selon elle, le numérique doit s’adapter aux gens et à la réalité productive du terrain. C’est notamment un outil capital pour la “résilience productive” d’un territoire : il peut aider, grâce à l’intelligence artificielle notamment, la mise en relation d’acteurs industriels ayant une “proximité productive”, et donc favoriser la diversification. De même, il peut mettre en relation en amont et en aval dans la chaîne de valeur.
  2. Entre ces acteurs productifs, le maillage du territoire par des tiers-lieux productifs est capital. Il peut se faire à plusieurs niveaux, commençant par des FabLabs qui permettent le test, le prototypage, la sensibilisation, l’inclusion numérique. Mais il doit être complété par de vrais tiers-lieux industriels, toujours basé sur le collaboratif et la mutualisation de moyens, mais davantage adaptés à la production en séries. Au-dessus, le maillage se complète par des entreprises de taille régionale et quelques unes de taille nationale. Le tout pensé dans une politique industrielle régionale de synergie productive.
  3. Pour avancer sur le sujet, Adélaïde a travaillé sur un outil numérique baptisé “Atlas de la Résilience Productive“. Un premier site web, en version bêta, est disponible pour montrer comment l’Intelligence Artificielle a pu traiter de l’open data territoriale pour suggérer des synergies productives sur plusieurs régions françaises. Ce projet est réalisé en partenariat avec Open Studio, PME numérique basée au Puy, et dans le cadre d’un projet de recherche.
  4. Adélaïde travaille également avec des entreprises locales, en particulier en lien avec la SCOP Fontanille, grand nom de la dentelle du Puy. L’idée est de développer une nouvelle valorisation du savoir-faire de ses salariés avec le numérique, non pas pour virtualiser le produit mais pour innover sur ses usages et ses modes de conception. Le projet a ainsi été labellisé “Manufacture de Proximité” par l’Etat en mars 2022, bénéficiant de financements publics pour son développement.
  5. Enfin, l’engagement d’Adélaïde dans le réseau international “Fab City” lui permet de participer à de nombreuses initiatives territoriales pour le maillage de tiers-lieux évoqué plus haut. Elle insiste sur la dimension de résilience globale – pas seulement industrielle mais aussi énergétique, alimentaire … – de ce mouvement, et sur son inscription dans la transition écologique des territoires (notamment via la circularité de l’économie). Elle est aussi intéressée par la dimension participative de la Convention Citoyenne pour le Climat, qui sera présente à Lezoux le 21 mai pour proposer un retour d’expérience.

L’intervenante : Adélaïde Albouy-Kissi

Maître de conférence en informatique appliquée à l’Université Clermont Auvergne, basée au Puy-en-Velay


Adélaïde pratique la “recherche-action”, reliant les citoyens, les entreprises et les territoires – notamment via ses acteurs publics, et particulièrement par l’intermédiaire du numérique dont elle questionne les usages et l’impact. En charge pendant 5 ans du FabLab du Pensio, premier tiers-lieu de ce type au Puy-en-Velay, elle a pu développer une expertise sur les tiers-lieux et leur impact territorial dans une logique productive.

Aujourd’hui, elle se consacre à la résilience productive en développant un Atlas de la Résilience Productive, projet mené conjointement avec la société Open Studio dont le PDG, Arnault Pachot, poursuit sa thèse sous la coordination d’Adélaïde et de son mari.

Adélaïde est aussi très active dans le réseau Fab City. Elle réalise beaucoup de veille sur les tiers-lieux productifs en devenir sur le territoire, et participe à la Tournée des Tiers-Lieux qui permet, en 2022, d’échanger avec des membres de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Contacter Adélaïde par courrier électronique : adelaide.kissi [chez] uca.fr

Crédit photo : Makery.info (DR)


Quelle est ton approche quand tu travailles sur les territoires et leur production industrielle ?

Je suis une “touche à tout”, je m’intéresse à tous les aspects de la production industrielle, des usages de fabrication et du numérique. Mais, avant tout, je suis persuadée que le numérique doit s’adapter aux gens. Autrement dit, je m’intéresse à la manière dont, grâce au numérique, on peut fabriquer sur place, en local, et en collaboratif.

Je dis souvent que j’ai la tête dans les nuages et les pieds sur terre. Je pense qu’il faut se frotter à la réalité industrielle des territoires. On peut écrire des algorithmes, mais il faut les confronter aux usages.

Comment atteindre la “résilience productive” d’un territoire ?

Un territoire résilient dispose d’une production industrielle distribuée, réticulaire – en forme de réseau. Idéalement, un territoire devrait produire tout ce dont il a besoin, mais ce n’est bien sûr pas possible, principalement parce que les patrimoines industriels diffèrent d’une région à une autre.

Je suis persuadée que le numérique doit s’adapter aux gens.

Néanmoins, pour atteindre cette “production distribuée”, il est nécessaire de définir différentes échelles de production : la plus petite serait le FabLab, adapté à de la micro-production collaborative. Au-dessus, on aurait les Manufactures de proximité et les “micro-usines” ; encore au-dessus, les usines intermédiaires, à vocation régionale ; et, ponctuellement, des usines à échelle nationale ou internationale.

L’enjeu est la diversité des installations et l’équilibre entre ces sites. Mais aussi leurs liens, leurs interconnexions : on parle ici de synergies productives, de complémentarités. Ce qui permet cela, ce qui fait le lien, ce sont à la fois les tiers-lieux industriels mais aussi la data numérique, passée au crible de l’IA pour proposer des scenari de synergie productive.

Lire l’entretien : Pascal Desfarges, les tiers-lieux et la résilience des territoires

As-tu des exemples de développement de ces synergies ?

On a surtout des exemples d’agilité productive, d’adaptation à des chocs : durant la pandémie de Covid-19, Volvic a pu adapter son outil de production pour fabriquer [des contenants de] gel hydro-alcoolique. De même, Michelin a réalisé des masques. Mais on parle ici de grosses usines : il ne faut pas oublier que ce sont surtout les petites entités, les FabLabs, les réseaux de “makers” qui se sont mis en branle pour fournir les masques dont nous avions besoin, en très grandes quantités !

Il y a des théories économiques qui nous aident à comprendre les liens entre les entités et les secteurs industriels.

Derrière ces exemples, il y a des théories économiques qui nous aident à comprendre les liens entre les entités et les secteurs industriels. On les utilise pour développer des scenari d’agilité productive, donc de résilience. Je pense principalement à Ricardo Haussmann, de Harvard : selon lui, on peut analyser le degré de “proximité productive” via la nomenclature des produits manufacturés. Il existe une telle nomenclature mondiale, baptisée SH. Le principe est simple : “si tu sais faire le produit A, tu pourrais faire le produit B … sous réserve de tel et tel changement dans ton process”.

Lire l’entretien : Volvic se voit dans “un processus d’amélioration continue” de son impact environnemental

Pourquoi, selon toi, est-ce intéressant pour les territoires ?

C’est tout à fait mon sujet ! Si on analyse cette proximité productive avec le prisme de la proximité géographique et “patrimoniale”, on peut proposer des solutions de diversification industrielle aux territoires – à ses entreprises, à ses acteurs publics. Car ce sont principalement les régions et les EPCI – Métropoles, communautés de communes – qui ont la compétence économique de la politique industrielle.

On a donc de grandes opportunités de diversification, dans le cadre de la réindustrialisation souhaitée au niveau national. A condition de la réaliser en suivant des scenari pensés à l’avance, sur la base des théories économiques et des données territoriales.

On peut proposer des solutions de diversification industrielle aux territoires.

Après, ce sont aux entreprises de décider de faire le “saut” productif, ou pas … mais on peut être étonné. Je pense aux biscottes Pain des Fleurs, en Haute-Loire, qui ont adapté leur outil d’extrusion en plasturgie pour y injecter de la pâte à pain …

Et je dirais qu’on peut même aller plus loin que la proximité productive : on peut recommander des clients, des fournisseurs, le tout sur le territoire. L’open data nous donne une photographie de qui produit quoi et où : il suffit de l’interpréter correctement pour donner aux entreprises des informations sur les opportunités de proximité et de “parenté” productive, en amont comme en aval de la chaîne de valeur.

Justement, tu travailles sur un outil numérique dédié à cet usage : l’Atlas de la Résilience Productive …

En effet. Dans le cadre de travaux de recherche au sein de l’Institut Pascal de l’Université Clermont Auvergne [UCA], nous avons travaillé avec Arnault Pachot sur ce sujet. Arnault est PDG d’Open Studio, une PME du numérique basée au Puy, qui s’est lancé à 45 ans dans une thèse que je co-encadre, et qui est dirigée par Frédéric Chausse de l’UCA.

Arnault travaille ainsi sur l’IA [Intelligence Artificielle] responsable au travers des systèmes de recommandation, pour accompagner la résilience productive des territoires. Nous avons monté un premier “prototype” sur un site web qui propose une cartographie de la production industrielle territoriale, basée uniquement sur de l’open data : INSEE, import-export, Pole Emploi, formation … Et nous avons publié une vidéo explicative pour la semaine de l’Innovation Publique en 2021.

L’idée est d’abord de générer une cartographie pour formuler des recommandations de proximité productive. Finalement, les algorithmes de recommandation, ce n’est pas nouveau : on en a depuis des années sur Netflix, Amazon, Google … pourquoi ne pas les utiliser ici, sur la base de données territoriales ? Tout en favorisant la proximité géographique des acteurs industriels avec leurs fournisseurs et leurs clients.

Lire l’entretien : Pour Paul Pinault, “il ne faut pas regarder un système uniquement par sa consommation énergétique”

Quel est le rôle du chercheur dans la politique industrielle régionale ?

Il faut savoir que la région Auvergne-Rhône-Alpes est “Fab Région” depuis 2018 – je reviendrai sur ce terme tout à l’heure. Mais cela veut dire qu’elle s’engage à produire local et à partager cette “intelligence productive” au travers de données ouvertes. Notre Atlas se base là-dessus : il exprime le métabolisme d’un territoire productif, en quelque sorte.

Dans la politique industrielle d’une région, tu as bien sûr des élus et des développeurs. Mais les premiers, s’ils ont les pieds sur le terrain, sont accaparés par le quotidien. Les seconds peuvent faire davantage de prospective mais fonctionnent trop en silos thématiques, à l’image de l’organisation des services dans les grandes collectivités.

Notre Atlas exprime le métabolisme d’un territoire productif.

C’est là que le chercheur peut intervenir : nous avons une approche vraiment transversale, et nous relions la recherche théorique à l’usage du terrain. Nous savons aussi faciliter la prospective d’un territoire – je participe avec mes collègues de l’UCA à des séminaires en Auvergne comme celui de “Montluçon 2040”, cela veut tout dire … Bref, nous pouvons ouvrir des perspectives pour ces acteurs publics.

Capture d’écran de l’Atlas de la résilience productive, en affichage cartographique. Les points de couleurs sont des entreprises industrielles sur le territoire d’Auvergne-Rhône-Alpes, et les algorithmes permettent de proposer des liens et des statistiques complémentaires

Toi-même, tu mets en pratique ton approche de résilience productive avec la SCOP Fontanille. Peux-tu nous en dire plus ?

Fontanille, c’est un des plus grands noms de la dentelle du Puy – élément phare du “patrimoine industriel” local dont je parlais. L’entreprise a 160 ans d’existence ! Mais, en 2010, elle menace de fermer. Là, ses 80 salariés se mobilisent et décident de créer une SCOP [Société Coopérative de Production] : ils rachètent les machines et réinvestissent leurs indemnités chômage pour la relance de l’entreprise.

Mon travail avec Fontanille était une sorte de retour aux sources de l’informatique.

Quand j’ai rencontré Roland Arnaud, le PDG de Fontanille, j’ai voulu tout de suite aider ce projet. Mais comment ? Pour moi qui travaille sur le numérique, c’était une sorte de retour aux sources de l’informatique, qui avait commencé son développement en lien avec l’industrie textile. La résonance historique, ici, me semble importante.

L’escarpin en dentelle Fontanille, conçu en 3D par plusieurs designers du Puy, coordonnés par Adélaïde / Crédit photo : Adélaïde Albouy-Kissi (DR)

J’ai donc souhaité appliquer le processus du tiers-lieux, que je connais bien, au sein d’une usine. C’est l’objet de notre candidature à l’appel à manifestation d’intérêt Manufactures de Proximité – que nous avons remporté en mars 2022. Grâce à ces financements, j’ai pu mettre en relation des designers textile du Puy comme Julie Agrain, pour produire des objets exceptionnels, dont la valeur est apportée par les outils numériques.

Cela a ouvert plein de perspectives d’innovation, de nouveaux usages de la dentelle. On voit ce produit autrement : dans les Hauts-de-France, une PME a inventé des prothèses mammaires utilisant le motif de la dentelle. Ou encore, un “pansement” pour les coraux marins, basé sur le biomimétisme.

Lire l’entretien : Pierre Gérard : “s’inspirer de la forêt pour trouver des solutions inédites en entreprise”

Quelle est la différence entre un FabLab et un tiers-lieux productif ?

La Manufacture de Proximité vise plutôt ces derniers : le tiers-lieu productif est davantage pensé pour des moyennes séries. Dans un FabLab, tu as des problématiques de volumes, d’espaces, de respect des normes, et bien sûr de coûts de production qui montent vite.

Comme je l’indiquais en parlant de distribution, le FabLab a tout à fait son rôle sur le territoire mais à condition de le limiter au prototypage et à la micro-production. Il permet ainsi d’accompagner les innovateurs, mais aussi les artisans pour des pièces uniques, sur mesure. Enfin, il facilite la médiation, la sensibilisation du grand public, et l’inclusion numérique.

Le tiers-lieu productif est davantage pensé pour des moyennes séries que le FabLab.

Avec la SCOP Fontanille, je voulais faire autre chose. J’avais dirigé un FabLab au Puy pendant cinq ans, je voulais maintenant développer un tiers-lieu productif adossé à une entreprise existante, à un vrai savoir-faire industriel à mutualiser … et à numériser, pas dans le sens virtuel mais dans le sens de l’apport du numérique dans le processus productif.

Exemple de FabLab auvergnat, à Murat dans le Cantal, avec la Cocotte Numérique. Les citoyens, les entrepreneurs locaux peuvent venir profiter des locaux et du matériel de production et de prototypage sur place, mais principalement dans une approche “micro” / Crédit photo : Hautes Terres Communauté (DR)

Tu es aussi engagée dans le mouvement Fab City, qui fait écho à la “Fab Région” évoquée tout à l’heure …

Le mouvement international Fab City a été lancé depuis Barcelone, par Tomas Diez. Il s’agit de “labelliser” des territoires variés qui s’engagent sur une forme de résilience productive. En France, outre notre région et l’Occitanie, il faut aussi compter des métropoles comme Brest, Grenoble, Montpellier, Paris, des agglomérations comme Valence, etc.

L’idée est de fédérer les acteurs industriels mais aussi les tiers-lieux du numérique, pour créer du lien en vue d’un territoire résilient d’une part, et d’un modèle plus circulaire, moins linéaire, d’autre part. Le potentiel des tiers-lieux productifs permet d’intégrer les citoyens dans la “boucle fabricante” de tels territoires : on y adresse les enjeux de réparation, de matériaux réemployés, mais aussi de médiation, d’inclusion, de formation …

Le potentiel des tiers-lieux productifs permet d’intégrer les citoyens dans la “boucle fabricante” des territoires.

Derrière l’enjeu industriel porté par Fab City, il y a une logique de résilience plus globale : énergétique, alimentaire … tout cela est inscrit dans le manifeste Fab City à l’horizon 2050. Le but n’est pas d’atteindre une autonomie totale mais partielle, par un modèle transversal adressant tout autant l’industrie que la mobilité, l’agriculture ou encore l’éducation. En se demandant à chaque étape comment le citoyen peut s’approprier les outils pour être en auto-production (par exemple chez lui concernant la récupération d’eau, la production alimentaire, etc.)

Lire l’entretien : Pour Géraud Dorchies, “quand la RSE n’est pas sincère, elle finit par se retourner contre l’entreprise.”

Assiste-t-on selon toi à l’émergence de véritables tiers-lieux industriels ?

Je suis membre du collectif Startups Industrielles : c’est un groupement qui milite pour développer une vraie approche industrielle du territoire, au-delà des moyens de prototypage et de micro-production. Dans ce cadre, nous recherchons des lieux repères de l’industrie, futurs tiers-lieux pour connecter et acculturer les acteurs. On peut même imaginer du “coworking industriel” ! 

De tels lieux sont encore très rares. Mais il y a de beaux projets. A Clermont, la transformation du site de Cataroux, anciennement usine Michelin, en fait partie : c’est pour nous un projet qui coche toutes les cases. Ce d’autant plus qu’il prône une économie d’impact, circulaire, numérique, de proximité. Ce sera un vrai substrat d’attractivité pour les jeunes générations vers l’industrie du futur, en résonance avec les envies des étudiants que je côtoie tous les jours à l’Université.

Le site de Cataroux abrite les usines Michelin à la forme si caractéristique des “pistes”. Il doit être largement reconfiguré à l’horizon 2026 dans le cadre d’un projet à la fois urbanistique et lié à l’économie d’impact et aux métiers de l’industrie / Crédit photo : le Connecteur (DR)

Enfin, on milite dans le collectif pour que l’Etat reconnaisse les startups industrielles, au-delà de celles qui sont purement digitales. La French Tech ne nous prend pas en compte, mais la “French Fab”, née en 2019, a marqué un début de prise de conscience. Ses outils vont progressivement s’adapter aux enjeux des territoires résilients à la production distribuée, c’est le sens de l’histoire …

Pour conclure, tu as prévu de participer à l’accueil de la Convention Citoyenne pour le Climat à Lezoux, le week-end du 20-22 mai. Pourquoi ?

Ce sera dans le cadre d’une tournée nationale : des membres de la Convention se déplacent dans des tiers-lieux, rencontrent des habitants, et échangent pendant quelques jours sur leur retour d’expérience, comment ils ont créé les réseaux, comment ils ont mobilité …

Il faut entendre ce que la Convention Citoyenne pour le Climat a à dire, ça me semble capital !

Personnellement, la démarche de la Convention Citoyenne pour le Climat m’a touchée. Il faut entendre ce qu’ils ont à dire, ça me semble capital ! Et c’est une belle histoire, qui a essaimé dans plusieurs autres pays qui se réapproprient le modèle.

Au final, la Convention a vécu un grand malentendu politique … mais elle fait des petits ailleurs. C’est une forme de succès, qui marque l’envie de donner le pouvoir aux gens de “faire”. A Lezoux, nous les accueillerons dans la Médiathèque, qui est un tiers-lieu que j’affectionne particulièrement. Il allie puissance de l’imaginaire et déploiement d’initiatives locales, deux leviers majeurs pour la résilience des territoires.

Contenus complémentaires proposés par Adélaïde :
Pour comprendre – l’ouvrage “Les épreuves de la vie” de Pierre Rosanvallon. Pour Adélaïde, ce livre “traite bien de la question des épreuves individuelles, collectives, et de l’idée de résilience. La vie des gens est une singularité, on ne peut pas la réduire à des moyennes statistiques”
Pour agir – Venir à la Tournée des Tiers-lieux à Lezoux du 20 au 22 mai 2022

Propos recueillis le 30 mars 2022, mis en forme pour plus de clarté et relu et corrigé par Adélaïde. Crédit photo de Une : Damien Caillard, Tikographie