Avec Emmanuelle Collin, l’innovation dans le sens de la transition

En tant que “facilitatrice du changement” en entreprise, Emmanuelle souhaite – via plusieurs dispositifs – que l’innovation soit pragmatique, collective et sensée.


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Mon ressenti

En 2018, j’avais participé à créer le Club Open Innovation Auvergne au sein du Connecteur, et j’en avais assuré la co-animation. Sur la fin de ma période, avant de tomber dans la marmite de la transition écologique, j’avais pu travailler pendant quelques séances avec Emmanuelle sur l’animation de ce Club.

Depuis, nos chemins se croisent très régulièrement, et nous partageons tous deux le même cowork clermontois. Mais j’ai pu observer que l’intérêt d’Emmanuelle se portait progressivement sur – d’une manière générale – le sens de l’innovation, et notamment celui apporté par la transition écologique. A tel point que nous avions travaillé pendant quelques mois début 2021, ensemble et avec Virginie Rossigneux, sur le projet d’accompagnement d’entreprises Sens9.

Aujourd’hui, le travail d’Emmanuelle ne porte qu’indirectement sur les enjeux environnementaux. Mais, en questionnant le sens de l’innovation, en facilitant l’utilisation d’outils comme le BMCI ou en mettant en place des Living Labs, elle participe à déployer une méthodologie participative et “prospective” qui pourrait réconcilier le monde de l’entreprise avec la question de la transition écologique.

Damien

Les principaux points à retenir

  1. L’innovation doit avoir un sens, selon Emmanuelle. D’abord parce que c’est une réponse aux attentes des salariés concernés en entreprise ; aussi parce que cela répond à de plus en plus de besoins stratégiques : innover pour innover n’est donc plus pertinent. Or, la transition écologique peut apporter ce sens partagé par tous. D’autant plus que l’innovation est loin d’être uniquement “high-tech”, elle peut prendre de nombreuses formes tant qu’il y a une notion de valeur nouvelle.
  2. Le travail d’Emmanuelle consiste alors à faciliter le management et la stratégie de l’innovation dans les entreprises. Elle cherche à y développer des environnements de confiance et d’équité, et des approches de co-construction. Selon elle, l’innovation n’est appliquée au mieux que si les utilisateurs potentiels sont inclus dans la boucle dès l’amont. Cela implique de travailler les freins en amont, de fournir un cap clair, d’aligner tout le monde dessus.
  3. Les outils utilisés par Emmanuelle sont variés. Elle en cite ici trois : le Business Model Canvas à Impact (variation du fameux BMC utilisé par les entrepreneurs mais ajoutant une dimension itérative liée au développement durable) ; un nouveau de plateau, “l‘année de l’innovation” qui développe, par un serious game, une approche stratégique de l’innovation durable …
  4. … et enfin, le dispositif du Living Lab. Il s’agit là d’une organisation plus ou moins formelle mise en place sur un territoire dans un objectif sociétal ou environnemental précis, et dans une logique de transition (recherche de nouveau modèle). Sur un temps relativement long, le Living Lab va chercher à regrouper le plus de “parties prenantes” locales possibles, et notamment les producteurs et consommateurs de la solution envisagée, pour les faire intervenir à toutes les étapes. Déployée avec GRDF sur Chateaudun dans le cadre de la méthanisation, ce Living Lab était l’occasion d’appliquer en grand les principes d’innovation collaborative.
  5. Enfin, Emmanuelle porte un projet entrepreneurial dans le Sancy, sur la commune de la Tour d’Auvergne. Dans une ancienne station de ski, l’Estiv’Camp souhaite ainsi proposer une solution de tourisme durable, un camp de base pour un espace pensé pour se ressourcer dans la nature. Le tout étant complètement éco-conçu. Mais le problème vient du manque de ressources dédiées à l’ingénierie de projet, ce dont ne disposent pas les petites communes en milieu rural.

L’intervenante : Emmanuelle Collin

Facilitatrice et catalyseur de projets ; spécialiste de l’innovation participative et les Living Labs ; membre du collectif Bee Onde


Après plus de 10 ans passés dans le monde du tourisme institutionnel – notamment en tant que directrice marketing du Comité Régional du Tourisme d’Auvergne, puis auprès de la région Auvergne-Rhône-Alpes en développement touristique international, Emmanuelle s’oriente vers l’accompagnement d’entreprises.

Plus précisément, elle se forme au management de l’innovation et se définit comme facilitatrice de projet : elle accompagne des groupes en entreprise dans leur maîtrise des stratégies d’innovation durables, mais aussi dans le déploiement de projets à impact.

A partir de 2016, elle fait partie des pionniers du premier “Living Lab” territorial mis en place par la société GRDF dans une logique de transition énergétique et agroécologique, sur le territoire de Chateaudun.

Aujourd’hui vivant près de Clermont, Emmanuelle participe à plusieurs projets associatifs comme le Connecteur, est membre du collectif professionnel Bee Onde et co-anime le Club Open Innovation Auvergne. Elle porte aussi un projet d’entreprise à titre personnel dans le Sancy, dédié au tourisme durable mais actuellement en recherche de moyens pour en assurer l’ingénierie et le déploiement.

Contacter Emmanuelle par courrier électronique : emmanuelle.collin [chez] bee-onde.com

Crédit photo : Emmanuelle Collin (DR)


L’innovation peut-elle avoir un sens ?

Elle doit avoir un sens ! Il faut se demander pourquoi on innove : c’est un vrai sujet pour les salariés des entreprises qui travaillent sur l’innovation … mais pas forcément pour les entreprises elles-mêmes. C’est là que le problème se pose.

Cela dit, certaines entreprises ont pris conscience du besoin de sens. Je pense que c’est le cas pour GRDF, par exemple, avec laquelle je travaille : ils ont une vraie vision à 2050 dans laquelle s’inscrivent toutes leurs actions innovantes. Dans ce cas, c’est un sujet existentiel : si l’innovation est mal faite, l’entreprise peut disparaître …

Il faut se demander pourquoi on innove.

C’est pourquoi “innover pour innover” n’a plus de pertinence selon moi. L’innovation doit être au service de quelque chose, et la transition écologique est un bon objectif ! L’innovation peut ainsi être low-tech, ou frugale, voire se baser sur l’existant mais revisité. L’innovation, il me semble, est surtout une intention, une recherche de “valeur nouvelle” à créer, et surtout à définir en amont. Elle ne fonctionne que si le public y adhère.

Emmanuelle a très largement contribué à l’émergence et au déploiement du premier “Living Lab” territorial de GRDF, en région Centre-val-de-Loire / Crédit photo : Emmanuelle Collin (DR)

Quel est ton apport dans cette recherche de sens ?

Je suis une facilitatrice du management et de la stratégie de l’innovation. A la base, je suis convaincue qu’il faut un environnement de confiance, d’équité et de justice pour bien innover. C’est probablement un peu idéaliste, mais j’assume ! Il faut que le mode de management des équipes développe cette harmonie.

Pourquoi ? Parce que cela facilite en aval la co-construction des solutions d’innovation avec les équipes et avec les gens du terrain. Cet aspect me semble capital : pour que l’innovation soit adaptée aux besoins, qu’elle soit acceptée par les utilisateurs potentiels, il faut les inclure dans la boucle. Cela résoudra les problématiques de performance de l’innovation et d’adoption par les usagers.

Il faut un environnement de confiance, d’équité et de justice pour bien innover.

Ce que j’apporte pour cela, c’est donc une expertise mais aussi de la facilitation. J’ai un rôle de catalyseur de transformation pour les organisations qui souhaitent rendre leur approche de l’innovation plus efficace et plus durable. Je n’interviens pas en tant que consultante mais j’aide à trouver un fonctionnement correspondant à chaque structure, aux moyens disponibles, au contexte. Au final, cela permet de trouver des solutions à la fois ambitieuses, transformatives et réalisables.

Lire l’entretien : Recherche, innovation et management au service de la transition, selon Frédéric Denisot

Avec ton approche managériale de l’innovation, comment appréhendes-tu la problématique plus large de la transition écologique ?

C’est d’abord une question de changement de culture et de mentalités. Or, si ce changement est imposé, si c’est une injonction … ça ne marchera pas. Les gens s’y opposeront.

Impliquer les citoyens dans l’élaboration des solutions, les expérimentations.

Je suis persuadée qu’il faut, là aussi, co-construire davantage. Impliquer les citoyens dans l’élaboration des solutions, les expérimentations. Et, surtout, travailler sur les freins en amont. La bonne approche est donc, selon moi, de donner un cap clair pour tout le monde, et d’aligner les gens dessus. Cela passe par la définition d’un futur souhaitable. Ensuite, il faut expérimenter et tester des choses au plus près du terrain. A condition d’avoir les moyens d’agir.

Quels outils pratiques utilises-tu pour sensibiliser à cette question de l’innovation et de la transition ?

J’ai un panel d’outils variés mais qui suivent la même logique : celle d’une expérience décalée, parfois surprenante, mais qui aide à prendre conscience. Ce sont aussi des outils à déployer de manière collective pour qu’ils trouvent toute leur richesse et permettent à chacun de s’aligner dans le processus.

Le premier est le Business Model Canvas à Impact [BMCI]. Les créateurs d’entreprises connaissent souvent le Business Model Canvas qui est une “grille” permettant de construire la proposition de valeur et le modèle économique d’une entreprise naissante. Avec le collectif Bee Onde, au sein duquel je travaille, nous avons fait évoluer cet outil pour l’adapter à des projets “à impact”.

Comment avez-vous transformé le Business Model Canvas ?

Nous l’avons revisité au regard des Objectifs de Développement Durable, qui sont souvent énoncés en début de projet mais qui peuvent ensuite être perdus de vue. Dans notre approche, ces Objectifs deviennent transversaux car on se pose toujours la question des attentes des “parties prenantes” [les acteurs de l’écosystème impacté par l’offre de l’entreprise], la gouvernance et l’impact de ses activités.

Au final, le BMCI permet de formuler une proposition de valeur et un modèle économique, tout comme son “grand frère”. Mais ceux-ci auront été pensés dans une logique de développement durable, incluant des indicateurs pour améliorer progressivement l’impact.

Tu fais aussi la promotion d’un autre outil, un jeu de plateau original …

Il s’agit d’un jeu baptisé “L’Année de l’Innovation”. J’ai toujours été intéressée par le principe du serious game, du jeu pédagogique qui est, pour beaucoup, une nouvelle expérience. Pour avoir de l’impact sur les gens, il faut faire bouger les lignes, surprendre par une pratique inhabituelle.

Ce jeu de plateau est développé par Johan Claire, président de la Commission Nationale de la norme ISO 56002 sur le management de l’innovation et président du Comité Technique international. Je l’ai déjà fait expérimenter, et je m’y suis formée récemment pour devenir animatrice. 

Le jeu de plateau “l’année de l’innovation”, auquel se forme Emmanuelle, permet de mieux appréhender les cycles, la stratégie et le besoin de sens de l’innovation en entreprise / Crédit photo : Corentin Pecher, le Connecteur (DR)

Que permet-il de faire ?

Il aborde de manière ludique et simple l’innovation dans une entreprise, à travers une année complète. Il y a douze tours – un par mois – et les joueurs piochent des cartes. Le but est de mettre en place un système de management de l’innovation durable, en développant des actions et en renforçant – et améliorant – ses capacités d’innovation. A chaque “mois”, le joueur a un retour sur l’impact de ses choix dans la génération des idées, la vitesse de développement des projets, la valeur créée et la capacité de résilience.

In fine, le système de management de l’innovation que l’on développe bénéficiera de capacités d’innovation durables et adaptées aux aléas du marché mais aussi du contexte de l’entreprise, notamment environnemental. Si le jeu n’est pas orienté “urgence écologique”, la question de la stratégie et du sens de l’innovation y est fondamentale. Ainsi que le partage de l’innovation avec les parties prenantes, pour que cette dernière soit mieux acceptée.

Lire l’entretien : Pour Pascal Lièvre, “la question de l’apprentissage est essentielle dans la résilience”

Tu as aussi développé à plus grande échelle une expérience d’innovation territoriale : le Living Lab, avec la société GRDF …

GRDF, que j’évoquais tout à l’heure, a une ambition claire : proposer 100% de “gaz vert” – non basé sur des hydrocarbures, ou du gaz naturel – en 2050. Selon eux, c’est un objectif existentiel, pour être compétitif sur le marché mais aussi pour s’adapter aux enjeux climatiques. 

Des dispositifs pour agir sur le terrain et en fédérer les acteurs, dans une logique d’économie circulaire : c’est le principe du Living Lab.

Mais il faut savoir que GRDF ne produit pas de gaz, il se contente de l’injecter dans les réseaux et de le distribuer. Pour atteindre cet objectif, il faut donc développer fortement la production nationale de “gaz vert”, et notamment de biométhane [du méthane issu de la fermentation de compost ou de matières agricoles]. Pour cela, il est capital de mobiliser les parties prenantes locales.

L’enjeu de GRDF consiste donc à décentraliser leurs capacités d’innovation sur les territoires, proche des producteurs de gaz vert (souvent des agriculteurs) pour accélérer la transition énergétique. Et donc de développer des dispositifs pour agir sur le terrain et en fédérer les acteurs, dans une logique d’économie circulaire et de proximité : c’est le principe du Living Lab.

Site de Chaumes en Brie – Bio Energie de la Brie / Crédit photo : Stéphane Compoint (Copyright)

Peux-tu développer cette définition du Living Lab ?

Un Living Lab, c’est un dispositif organisationnel principalement au niveau d’un territoire – agglomération, département, région … – qui va mobiliser des “parties prenantes” les plus variées possibles autour d’une thématique précise. Cela se fera dans une logique de co-construction : les personnes impactées par le projet, en amont (production) comme en aval (consommation) sont mobilisées dans toutes les étapes de la réflexion.

Pour qu’un Living Lab fonctionne, il faut qu’il porte sur un sujet sociétal ou environnemental. Cela l’inscrit dans le long terme, car ces sujets sont complexes et font intervenir une grande variété de parties prenantes. Mais, à chaque fois, la problématique étudiée sera locale.

Quels sont les enseignements que tu tires du Living Lab GRDF ?

Nous avons travaillé sur le territoire de Châteaudun, dans la région Centre-Val-de-Loire, sur la thématique du biométhane. Y ont participé aussi bien des institutionnels que des agriculteurs, des entrepreneurs, un lycée agricole ou encore des citoyens. 

Le Living Lab est un moyen d’accélérer la transition énergétique et agroécologique d’un territoire.

Pour mettre en place ce dispositif, GRDF a collaboré avec Les Champs du possible, un campus dédié à l’agriculture innovante. C’est ainsi que le Living Lab du Possible a vu le jour. Son enjeu est de trouver et tester des solutions innovantes pour développer et favoriser l’appropriation des riverains aux projets de transitions agroécologiques et énergétiques. Avec, comme première thématique, la méthanisation.

Pour GRDF, il s’agissait de changer de paradigme : d’un gaz importé de l’étranger à un gaz produit sur place par la méthanisation de résidus de cultures. Ici, le Living Lab est un moyen d’accélérer la transition énergétique et agroécologique d’un territoire, mais seulement à condition que l’entreprise qui l’a initié … n’y prenne pas part. Je veux dire que GRDF n’a ni participé à la sélection des participants, n’est pas intervenu dans les débats et n’a pas influencé les résultats. Sinon, le processus est faussé. GRDF se positionne donc en catalyseur de dynamique autour du développement du biométhane.

Lire l’entretien : Pour Philippe Métais, ”la multiplicité des sources d’énergie renouvelable est nécessaire”

Comment résumer les profils, et les attentes, des participants à un Living Lab ?

Globalement, c’est un panel citoyen volontaire, qui souhaite travailler – ici – sur un “parcours de méthanisation”. On les acculture, on parle de l’écosystème local, on évoque les sujets techniques de la méthanisation, et on se projette en 2050.

Pour ce faire, il ne faut pas forcément avoir trop d’hyper-convaincus, ou d’hyper-opposants. Je dirais que les participants étaient relativement neutres sur le sujet, voire légèrement défavorables. Je pense notamment à un couple habitant près d’un méthaniseur, plutôt remonté contre le projet au début !

Il ne faut pas forcément avoir trop d’hyper-convaincus, ou d’hyper-opposants.

Les protestations citoyennes, c’est assez classique dans ce genre de projets. Je l’interprète comme un manque d’information en amont, une mauvaise intégration dans le processus décisionnel (trop souvent, les concertations n’en sont pas) et une absence d’accompagnement en aval. Pour y répondre, le Living Lab identifie les “irritants” et travaille à les réduire, à les solutionner, petit à petit. Toujours en associant les acteurs concernés.

Le Living Lab, c’est donc un très bon moyen pour que les parties prenantes d’un territoire se rencontrent et co-construisent autour d’une thématique précise. Et c’est en créant ces liens qu’ils se comprendront mieux les uns les autres et pourront, éventuellement, modifier leur point de vue.

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Enfin, dans un domaine différent, tu t’intéresses au tourisme durable…

J’accompagne beaucoup d’entreprises dans leurs projets, mais il était aussi capital pour moi d’avoir mon propre impact, de contribuer directement à un projet de société. C’est ma manière de donner du sens à ce que je fais.

Auparavant, j’avais travaillé pendant 15 ans dans le secteur du tourisme institutionnel, pour les régions Auvergne puis Auvergne-Rhône-Alpes. Mais Lyon est, selon moi, trop éloigné des sites naturels comme le Sancy, pour bien les prendre en compte. De plus, l’approche de “développement international” sur laquelle je travaillais ne me convenait plus.

J’étais convaincue que l’on pouvait développer un autre modèle touristique.

J’étais alors convaincue que l’on pouvait développer un autre modèle touristique, pour répondre aux gens qui ont un besoin de ralentir, de déconnecter, d’être proche de la nature. Y compris pour les habitants du territoire.

En quoi consiste ton projet dans le Sancy ?

Avec mon conjoint, nous avons découvert une friche de montagne sur la commune de la Tour-d’Auvergne, liée à l’ancienne station de ski maintenant fermée. Le projet que nous avons proposé à la commune s’appelle “Estiv’ Camp” : c’est le principe de transformer cette friche en “camp de base” au milieu d’un espace d’aventure conçu pour se ressourcer.

Au Puy de Chambourguet, sur la commune de la Tour d’Auvergne dans le Sancy, l’ancienne station de ski fait l’objet du projet “Estiv”Camp” porté par Emmanuelle, dans une logique de tourisme durable / Crédit photo : Emmanuelle Collin (DR)

Ce projet souhaite préserver au maximum le cadre naturel – donc sans infrastructure majeure – tout en créant des emplois, en valorisant les matériaux locaux, la proximité des ressources comme l’eau, l’énergie … et en sensibilisant sur le site naturel du Puy de Chambourguet, qui est exceptionnel. En d’autres termes, nous souhaitons proposer une expérience nouvelle, qui crée du lien entre le monde urbain et le monde rural !

Et où en est son développement à ce jour ?

L’Estiv’ Camp est en pause, principalement par manque de temps et de ressources. On s’est rendu compte que la problématique était la compétence d’ingénierie. Car la seule “gouvernance” possible pour un tel projet se base sur un partenariat public-privé. Le souci est que des communes comme la Tour d’Auvergne n’ont pas de ressources locales pour de l’ingénierie de projet complexes comme celui-ci. Et que, de notre côté, nous peinons à dégager suffisamment de temps pour faire avancer le projet.

On s’est rendu compte que la problématique était la compétence d’ingénierie.

Pourtant, les financements existent, les garanties aussi – France Active Auvergne peut nous aider sur ces points. De même, de nombreux acteurs locaux peuvent nous accompagner. Le souci est vraiment cette compétence de développement et de suivi de projet : soit nous l’assurons, et c’est du quasi-temps-plein pendant deux ans ; soit nous finançons un emploi tiers, mais qui, et avec quels fonds, si la mission de ce salarié est de décrocher les financements ?

Contenus complémentaires proposés par Emmanuelle:
Pour comprendre – l’ouvrage “L’entraide, l’autre loi de la jungle” de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle
Pour agir – Le réseau Makesense pour découvrir des communautés d’action proches de chez soi … à travers une communauté !

Propos recueillis le 23 mars 2022, mis en forme pour plus de clarté et relu et corrigé par Emmanuelle. Crédit photo de Une : Emmanuelle Collin (DR)